Déclaration
Pour une prospérité collective, misons sur les coopératives d’habitation.
1 octobre 2026
Il va sans dire, le contexte économique et social actuel est difficile. Les ménages s’appauvrissent à vue d’œil, alors que le coût de la vie augmente plus vite que leurs revenus. La prospérité du Québec est ainsi compromise.
Les données sont alarmantes : 20% des locataires peinent à payer leur loyer, hausse de 47,7 % des dossiers d’insolvabilité au Québec sur 5 ans (2021-2025), le nombre total de visites dans une banque alimentaire a plus que doublé depuis 2019 au Québec. Autrement dit, une part grandissante de Québécois est à bout de souffle financièrement. L’une des causes principales à cette asphyxie collective : le coût de l’habitation.
Dans un contexte où de nombreux Québécois et Québécoises sont en mode survie, il s’avère difficile, voire impossible, de se réaliser pleinement, tant individuellement que collectivement. Lorsqu’une part trop grande du budget est consacré au logement, lorsqu’on vit d’une paie à l’autre, on envisage notre vie au quotidien, et il devient difficile de penser à notre avenir. Collectivement, il en va de même : lorsque trop de citoyens souffrent, point de salut pour un projet de société rassembleur.
« Il est temps de changer notre façon d’envisager l’habitation. Le prochain gouvernement doit aller au-delà des mesures à court terme et investir dans des solutions qui ont fait leurs preuves. Les coopératives d’habitation, en tant que pilier de l’économie sociale depuis plus de 50 ans, doivent occuper une place centrale pour loger adéquatement tous les Québécois.es », soutient le directeur général de la FHCQ, Patrick Préville.
À l’instar des autres types d’habitation dits « hors marché » (HLM, OBNL), les coopératives d’habitation sont un véritable levier économique et social pour le Québec. Il importe de les considérer dorénavant comme une infrastructure stratégique et un moteur de prospérité des individus et du collectif. La solution coop, en plus de redonner un pouvoir d’achat à ses membres, contribue à la sécurité résidentielle et alimentaire, à l’accès à la propriété collective, à la santé financière, physique et psychologique, etc. Être mieux logé, nourrir nos enfants, s’épanouir devrait être un droit et une possibilité pour tous.
Plus que jamais, nous devons faire de l’habitation un projet de société. La limite a été atteinte quant à la logique d’un marché immobilier spéculatif pouvant soi-disant se réguler seul selon la seule loi de l’offre et de la demande. Une étude récente de la SCHL le démontre clairement : malgré une hausse des chantiers et l’atteinte du point d’équilibre du taux d’inoccupation, il n’y a eu aucun effet sur l’abordabilité. La question n’est donc pas « combien devons-nous construire? », mais bien « que devons-nous construire? ».
Cette dernière question conduit à un consensus dans notre secteur : nous devons viser une proportion de 20 % de logements sociaux et communautaires d’ici 2050. Cet objectif ambitieux permettrait de doubler les effectifs actuels. Rappelons que plusieurs pays européens ont atteint, voire dépassé cette cible (ex. Autriche, France, Danemark), ayant pour effet d’agir comme un bouclier économique pour les ménages et les collectivités.
Pour soutenir le mouvement coopératif en habitation, la FHCQ appelle le futur gouvernement à protéger et à valoriser ce qui fait la force du modèle coopératif : son autonomie, sa gouvernance démocratique et sa mixité sociale.
Plus encore, la FHCQ demande aux futurs élus de mettre en place des conditions favorables à la croissance et la santé du mouvement coopératif en habitation, et d’en faire un véritable projet de société.
Travaillons ensemble à transformer l’habitation au Québec, pour une prospérité collective.
Pour information:
Jordan Craig Larouche, conseiller politique et vie associative
450 543-2697 | jcraiglarouche@fhcq.coop
Sources :
Vivre en Ville (2025). Étude sur le marché locatif résidentiel: Québec. Édition 2025. Collaboration avec Léger.
Bureau du surintendant des faillites
Banques Alimentaires Canada (2025). Bilan-Faim 2025.